Paul DUKAS (1865-1935)

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Paul DUKAS (1865-1935)
Manuscrit autographe signé, Édouard Lalo, [1923] ; 9 pages in-fol. Belle étude sur la musique d'Édouard LALO, pour un numéro spécial de La Revue Musicale consacré au compositeur (1er mars 1923). Le manuscrit, à l'encre noire sur de grands feuillets remplis d'une petite écriture, présente de nombreuses ratures et corrections. Dukas cite un mot de Degas qui «pourrait servir d'épigraphe à une biographie d'Édouard Lalo. Comme César Franck, comme Saint-Saëns même, Lalo connut en effet, dans sa jeunesse, toutes les douceurs d'une époque particulièrement rebelle aux talents affranchis de l'imitation des modèles reconnus. Et ces modèles étaient alors Meyerbeer, Halévy, Donizetti, Auber et Adolphe Adam ! Ils représentaient le grand art et presque toute la musique. Non pas que la vraie musique fût absolument ignorée ni totalement méconnue. On savait qu'il y avait des symphonies. On était vaguement informé de l'existence d'une musique de chambre. Et l'on respectait ce genre savant. On le révérait de confiance. Mais on en abandonnait le culte aux spécialistes, aux amateurs forcenés, aux abonnés du Conservatoire. Ceux-ci formaient un groupe d'initiés prétendus, trop peu nombreux pour imposer une renommée nouvelle, et d'ailleurs fermés par principe à toute nouveauté, et persuadés qu'il n'était de bonne musique que des morts qui en avaient emporté le secret dans la tombe. Berlioz, pourtant, avait dès lors, par intervalles, bouleversé ces idées et secoué cette torpeur. Mais ses manifestations fulgurantes restaient à l'état de phénomène isolé. Et bien qu'il se fût créé de chaleureux partisans, bien qu'il eût suscité de violents enthousiasmes, ses apparitions retombaient vite au silence, et presque tous le considéraient comme un excentrique à demi fou. Tel était à peu près l'état du monde musical quand, vers 1840, Édouard Lalo vint de Lille à Paris pour y être compositeur». Dukas retrace les débuts obscurs de Lalo, puis son attrait pour la musique dramatique et la composition de Fiesque, qui échoue au concours gouvernemental. Ce n'est qu'après la guerre de 1870 que Lalo connaîtra le succès, avec la Symphonie espagnole et le concerto pour violoncelle. Le ballet de Namouna ayant fait scandale et vite retiré de l'affiche, Lalo réussit enfin à faire jouer son opéra Le Roi d'Ys, avec un succès triomphal. Mais il est bientôt frappé par la maladie. Dukas évoque la formation «toute classique» de Lalo, l'influence de Berlioz, et souligne «la maîtrise d'écriture du quatuor dont Lalo possédait à fond toutes les ressources, et qu'il fait sonner de façon toute personnelle par l'emploi du timbre particulier de telle corde, l'accent de tel coup d'archet, ce que Berlioz ni personne n'avait guère fait avant lui. Il est aussi le premier qui ait imaginé, par des jeux de nuances appropriées, de disposer, en certains cas, l'orchestre sur des plans différents. Et de même qu'il individualise ainsi les groupes, il conserve le plus possible à chaque instrument son timbre propre, en l'entourant des sonorités les mieux faites pour le mettre en valeur. Mode d'instrumentation le plus varié qui soit, le plus fertile en combinaisons imprévues, et auquel on revient aujourd'hui. Toute l'oeuvre de Lalo en demeure un modèle incomparable»... Etc.
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