Gabriel FAURÉ (1845-1924)

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Gabriel FAURÉ (1845-1924)
Manuscrit autographe signé, Camille Saint-Saëns, [1922] ; 7 pages in-4 sur papier bleu. Hommage à son maître et ami SAINT-SAËNS, décédé le 16 décembre 1921. L'article a paru dans La Revue Musicale du 1er février 1922. Le manuscrit, à l'encre noire sur papier bleu, paginé de 1 à 7, présente quelques ratures et corrections. À la mort de Niedermeyer en 1860, Saint-Saëns accepta les fonctions de professeur de piano à l'école Niedermeyer et devint le guide des élèves en matière de composition. Se mettant lui-même au piano, il les initiait à Schumann, à Liszt, à Wagner.... «J'avais alors quinze et seize ans et de cette époque datent l'attachement presque filial - malgré le peu d'années qui séparait mon âge du sien - l'immense admiration, l'infinie reconnaissance que je lui ai gardés toute ma vie et qui ne s'éteindront qu'avec moi. [...] Sa mort a créé l'unanimité et même l'universalité dans le deuil et dans la louange». Il faut «le désigner comme le musicien le plus complet que nous ayons jamais possédé [...] Son savoir qui ne connaissait pas de limites, sa prestigieuse technique, sa claire et fine sensibilité, sa conscience, la variété et le nombre stupéfiant de ses oeuvres ne justifient-ils point ce titre qui le rend reconnaissable à tout jamais ?» Au début de la carrière de Saint-Saëns, le public ne s'intéressait qu'à la musique de théâtre, et Saint-Saëns a osé manifester son «irrésistible penchant pour la musique pure», développé par son étude des grands classiques. Il a fait redécouvrir des oeuvres du passé tels les Concertos de Mozart, fait entendre «des oeuvres alors violemment discutées de de Liszt et de Wagner». Fauré rend hommage à la Société Nationale de Musique fondée par Saint-Saëns, avec Romain Bussine, Édouard Lalo et César Franck, dont la portée fut immense, et où de nombreux musiciens célèbres firent leurs premières armes. Il réfute «cette opinion, trop sommaire à mon avis, que dans la musique de Saint-Saëns le cerveau a plus de place que le coeur. Le plaisir d'écouter l'une de ces grandes oeuvres orchestrales [...] pourrait-il être exempt d'émotion et le public acclamerait-il de telles oeuvres s'il n'en était profondément touché ? Certes, chez Saint-Saëns, la pensée semble parfois avoir habité des régions sereines, pareilles aux Champs Élyséens, où la violence, les paroxysmes sont inconnus, où règnent côte à côte la gravité, l'esprit, le charme, la tendresse souriante. Cette atmosphère éveille des sentiments qu'on appellera peut-être des sentiments moyens. Ils auront suffi cependant à lui inspirer des pages à la fois délicieuses et durables»... Fauré conclut en disant sa gratitude, et affirme «ma constante admiration et le souvenir ineffaçable que je garde de ses conseils, de ses exemples et de son affection».
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