Buste reliquaire d'une sainte Femme, vraisemblablement une c - Lot 53

Lot n° 53
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Estimation :
1500 - 2000 EUR
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Résultat : 5 460EUR
Buste reliquaire d'une sainte Femme, vraisemblablement une c - Lot 53
Buste reliquaire d'une sainte Femme, vraisemblablement une compagne de sainte Ursule, en chêne polychromé avec traces de dorure, dos en partie plat. Tête au menton aigu encadrée d'une abondante chevelure tombant en longues mèches ondulées sur les épaules, retenue par un diadème orfévré, placé au-dessus du front bombé et centré d'une rosace à double pétale ; elle est revêtue d'une simple robe aux pans se croisant sur la poitrine. Le haut de la tête est dégagé laissant voir la calotte crânienne ; une cavité semble avoir été aménagée sur le devant. Picardie, Abbeville ?, vers 1500/1510 H. 28 cm Ancienne étiquette (polychromie ancienne mais postérieure laissant voir à certains endroits une dorure, légers accidents) Ouvrages consultés : - P. Béguerie-De Paepe, La Sculpture picarde à Abbeville vers 1500, Tournai, 2001, cat.11 à 15. - Expositions Cleveland - Baltimore - Londres 2011, Treasures of Heaven, Cleveland Museum of Art - The Walters Art Museum - The British Museum, cat.107 et 108. - Exposition Louvain 2020, Borman and Sons. The Best Sculptors', M - Museum Leuven, cat.171 à 186. Ce buste fait penser à plusieurs bustes reliquaires représentant sainte Ursule et d'autres saintes, considérées généralement comme faisant parties des Onze mille Vierges, compagnes de martyre de la célèbre sainte colonaise. Notamment quatre beaux bustes, d'une hauteur entre 40 et 45 cm, présentant des caractères communs, sont conservés au Metropolitan Museum of Art (inv.59.70, 1976.89, 61.155.23 et 17.190.728, fig.a). Ces jeunes femmes ont toutes un visage aimable, des habits luxueux et des cheveux dorés, arborant des coiffures complexes avec tresses et diadème. Réalisés dans les premières décennies du XVIe siècle, ces bustes sont attribués à l'atelier bruxellois de la famille de sculpteurs Borman. Ils trouveraient leur origine lors d'un voyage que fit Charles Quint à Cologne en 1520 et du retour en Espagne à cette occasion de reliques des Ursulines provenant du monastère franciscain de la ville allemande. Un document de 1522 relate que des reliquaires ont été alors réalisés à Bruxelles qui furent ramenés ensuite dans la péninsule ibérique. Ce buste de jeune sainte ne relève pas de la production des Pays-Bas méridionaux. Bien que l'on observe sous sa polychromie postérieure la dorure d'origine à plusieurs endroits, elle ne témoigne pas de la facture sophistiquée des bustes bruxellois. Sa coiffure, bien qu'élaborée, ne propose pas de tresses et des enroulements complexes, ni sa robe de galons chargés de cabochons et des plissés savants. Il s'apparente davantage au style de la sculpture picarde du début du XVIe siècle. Le musée Boucher de Perthes conserve ainsi des bustes reliquaires de saintes relevant d'un même hiératisme, aux traits et aux expressions très comparables (fig.b). Comme le buste reliquaire provenant de l'église Sainte-Catherine d'Abbeville, son revers non sculpté indiquerait son emplacement dans une niche ou un maître-autel. Ce buste est cependant remarquable par l'originalité de la disposition des mèches de la chevelure passant par-dessus le diadème et s'écartant des joues comme par l'absence de niche pour la relique remplacée par la vision de la calotte crânienne.
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