Important cadre de forme circulaire composé de quatre plaque - Lot 92

Lot n° 92
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Estimation :
40000 - 60000 EUR
Important cadre de forme circulaire composé de quatre plaque - Lot 92
Important cadre de forme circulaire composé de quatre plaques cintrées aux figures repoussées en fort relief en émail peint polychrome sur fond blanc avec quelques rehauts d'or, remontées en miroir, contre-émail en fondant jaune saumoné. Deux de ces plaques sont à décor de personnages en grisaille bleue portant un panier de fruits sur la tête : une femme à moitié vêtue et la poitrine dénudée, le corps constitué d'une gaine formée de l'enroulement de deux troncs et un terme masculin, le buste entouré d'un drapé laissant son épaule droite découverte ; les deux autres plaques sont centrées d'un cartouche ovale orné de scènes en grisaille, Marcus Curtius pour l'un et Lucius Scaevola pour l'autre ; ces cartouches sont accostés de guirlandes de fruits et de feuilles suspendues à un drapé. Limoges, attribué à Pierre Courteys (actif de 1544 à 1581), troisième quart du XVIe siècle Diam. 56 cm (quelques restaurations) Ce rare encadrement était conçu pour mettre en valeur une grande plaque ronde en relief représentant le profil à l'antique d'un personnage remarquable de l'histoire romaine. Ainsi le musée Herzog Anton Ulrich de Brunswick possède dans ses collections trois tableaux émaillés complets figurant César, Néron et Cléopâtre (inv. Lim 196/197 et 198, fig.a, b et c). Deux plaques ayant perdu leur cadre sont également répertoriées, une à décor de Faustine au Palais de Vilanów à Varsovie (inv. Wil.5541, fig. d) et une autre conservée au musée Vivenel de Compiègne avec le profil de Galba (inv. 2996, fig. e). Il s'agissait donc à l'origine d'une grande série de médaillons vraisemblablement destinée à être intégrée dans les lambris d'une salle d'apparat de château. Cette mode venue de Lombardie, appartenant au courant humaniste, a été adoptée en France dans l'architecture dès la première Renaissance comme le montrent les façades d'édifices tels que Gaillon ou Oiron. Rares ont été les peintres émailleurs de Limoges à produire des plaques en relief qui demandaient une grande connaissance du martelage comme de l'émaillage. Pierre Courteys semble avoir maîtrisé cette technique si on fait référence aux neuf impressionnantes grandes plaques des Dieux de l'Olympes et des Vertus réalisées en 1559 que l'on peut admirer au musée national de la Renaissance à Ecouen (inv. E. Cl. 1496 à 1504). Ce cadre avec ces quatre plaques cintrées constitue donc un très rare témoignage de l'art de cet artiste qui a porté l'art de l'émaillerie limousine à l'un de ses sommets techniques. On reconnaît bien ici sa facture puissante et vigoureuse avec ses fonds blancs rehaussés de couleurs franches, bleu profond, rouge violet, jaune et surtout un bleu canard particulièrement lumineux. Exposition : - Limoges 2022, Impertinente. La rencontre Émail & Métal, Galerie des Hospices. Ouvrages consultés : - S. Baratte, Les Émaux peints de Limoges, Musée du Louvre, catalogue, Paris, 2000, p. 82. - I. Müsch, Maleremails des 16. und 17. Jahrhunderts aus Limoges, Museum Herzog Anton, Ulrich, Brunswick, 2002, cat. 103 à 105, p 214-216.
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