Gauguin (Paul) Ɵ Lettre autographe signée... - Lot 54 - Giquello

Lot 54
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Gauguin (Paul) Ɵ Lettre autographe signée... - Lot 54 - Giquello
Gauguin (Paul) Ɵ Lettre autographe signée avec bois originaux [Tahiti, juin 1901] adressée à George Daniel de Monfreid. Tahiti, 1901. Bois tiré en noir (Oiseaux et Initiales, Morgan/ Kornfeld/Joachim 75) sur le premier et le troisième feuillet de la lettre autographe signée à George Daniel de Monfreid de juin 1901, 6 pages (22,7 x 17,5 cm). Deux chemises de Devauchelle. Deux rarissimes tirages (moins de cinq sont connus) du fameux bois-monogramme original de Gauguin, dans une lettre capitale où il annonce son départ de Tahiti pour les Marquises en juin 1901, une des plus longues adressées à Monfreid, pétrie de réflexions sur son art et sa vie, évoquant et se plaignant des marchands, des collectionneurs... et de sa femme. Le bois figure en haut à gauche du premier et du dernier feuillet de la lettre (n° 75 de la compilation éditée chez Georges Falaize en 1950). Selon le catalogue raisonné (Morgan/Kornfeld/Joachim), seuls 2 ou 3 autres tirages en sont connus : sur la lettre de juillet 1901 à Monfreid (mais seule la partie droite du bois a été imprimée), sur une lettre à Charles Morice, et peut-être sur une autre à Ambroise Vollard (deux tirages isolés du monogramme seul, sans les oiseaux sont aussi identifiés. Les présents tirages sont les plus nets et complets, comme le relevait déjà Jean Loize en 1951 lors de son exposition autour de Monfreid. La présente lettre, une des deux ou trois plus longues à Monfreid, est particulièrement importante : le peintre y détaille son existence et évoque son départ de Tahiti : « Je pars le mois prochain pour m'installer aux Marquises », et évoque ses difficultés privées, notamment le fait qu'il ne peut disposer de son argent sans l'accord de sa femme... et il charge Monfreid d'une démarche auprès d'elle. Il évoque aussi ses déboires avec les marchands et prie Monfreid de traiter directement avec Vollard, vu les délais de la correspondance : « J'ai écrit à Vollard qu'il était inutile de traiter une affaire en me le demandant, car notre correspondance aller et retour sera en moyenne de 5 à 6 mois d'écart. Vous avez donc ordre d'agir de votre propre initiative, et j'ai écrit à Vollard que vous étiez pour mes affaires comme moi-même ». Et par rapport à d'autres marchands ou intermédiaires, il s'exclame : « Ce que j'ai été trompé dans mon existence !!! ». Mais l'espoir est là, lié à son prochain départ à Hiva Oa aux Marquises : « Le monde est si bête que lorsqu'on lui fera voir des toiles contenant des éléments nouveaux et terribles Tahiti deviendra compréhensible et charmant. Mes toiles de Bretagne sont devenues de l'eau de rose à cause de Tahiti ; Tahiti deviendra de l'eau de Cologne à cause des Marquises. Quant à la clientèle Degas, par exemple, il se peut aussi que pour compléter la collection on achète des Marquises. Peut-être ai-je tort ; nous le verrons ». Et il n'épargne pas non plus certains confrères : « ils font du Gauguin mais mieux ». Gauguin reste parfaitement conscient de la valeur de son œuvre : « Toutefois, le calcul est qu'il faut s'occuper de faire des bons tableaux et alors tôt ou tard cela marche - La critique passe - l'œuvre bonne reste - Tout est là. Malheureusement, de l'œuvre bonne, nous n'en avons que le pressentiment, c'est le temps qui l'affirme et remet tout en place ». Il termine en soutenant le travail de peintre de Monfreid et lui propose d'échanger contre « des sculptures en bois que je tiens à savoir chez vous [...] une petite toile de vous, comme votre portrait par exemple, je serais bien heureux de l'installer dans ma petite chambre aux Marquises [...] Je lui ferais un joli petit cadre sculpté », avant de signer : « Bien des choses à tout votre monde. Toujours tout à vous de cœur, Paul Gauguin ». Provenance : George Daniel de Monfreid (le prénom est orthographié Georges dans nombre d'ouvrages, et avec ou sans trait d'union). Exposition : Les Amitiés du peintre Georges Daniel de Monfreid et ses reliques de Gauguin, Galerie Jean Loize, Paris, mai-juin 1951, n° 293.
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