Apollinaire (Guillaume)

Lot 66
Aller au lot
Estimation :
1500 - 2500 EUR
Apollinaire (Guillaume)
Ɵ Case d'Armons : Bulletin de souscription pour La case d'armon [sic], poème de Guillaume Appolinaire [sic]. Bulletin in-12 « autographié aux armées de la République » en bleu sur papier militaire chamois (fragment de timbre militaire collé au verso), 1915 (11 x 17 cm). Feuillet d'une insigne rareté, ronéotypé dans les tranchées, pour la souscription à Case d'Armons, le plus rare des livres d'Apollinaire, avec le bulletin de souscription de Et moi aussi je suis Peintre pour le projet d'« idéogrammes lyriques » dont la guerre ne permit pas la réalisation, mais qui aboutira à Calligrammes. Le bulletin indique un tirage prévu « à 60 exemplaires dont 6 sur grand papier », respectivement à 20 et 65 francs. Il est à renvoyer avec le montant de la souscription au « Brigadier G. de Kostrowitsky, 55e Rgt d'artie, 25e Batterie, Secteur 59 » (chiffre biffé et corrigé à l'encre « 138 »). Ce fut en mai 1915 qu'Apollinaire projeta de réaliser ce recueil qu'il pensait d'abord vendre par souscription, afin de récolter quelque argent pour ses camarades et pour Lou, alors dans le besoin (pour « une bonne œuvre spéciale », écrivit-il à André Level). 112 exemplaires avaient été envisagés initialement, mais le tirage fut bien plus réduit. Certains proches du poète, comme le « baron » Jean Mollet, Pierre Roy ou son ami d'enfance Toussaint Luca, firent d'abord circuler les bulletins imprimés, qui ne mentionnaient plus que 60 exemplaires. Mais on s'arrêta finalement encore plus bas : « Il n'y a que 25 exemplaires. On n'a pas pu en tirer plus », écrivit Apollinaire à Luca le 21 juin 1915. Dans un fragment retrouvé d'une lettre à Lou, située mi-juillet 1915, Apollinaire écrivait : « Case d'Armons imprimé par 2 maréchaux des logis a paru et a rapporté déjà 80 francs, ce qui n'est pas mal en temps de guerre - D'autant plus que ça ne m'a coûté que 3 frs 50... » Mais Apollinaire dut renoncer après avoir appris que le commerce était interdit aux armées ; aussi le 18 juillet chargea-t-il le « baron » Mollet de récupérer les bulletins et d'annuler la souscription : « Tout commerce est défendu, je n'en savais rien. » Le 20 juillet, il demandait à Fernand Fleuret : « Renvoyez-moi les bulletins, j'en ai besoin. Inutile de continuer à parler du livre. Je vous dirai un autre jour pourquoi. » Puis le 27 juillet il priait Roy de retirer les bulletins de souscription. Ceci explique que les doigts des mains soient encore trop nombreux pour compter les exemplaires vierges de ce bulletin ayant survécu à ce jour... Est joint le rare feuillet de souscription à Et moi aussi je suis Peintre (feuillet in-8o imprimé au recto), un album d'« idéogrammes lyriques et coloriés », qui devait paraître aux Soirées de Paris le 10 août 1914 à deux cents exemplaires, accompagnés d'un portrait de l'auteur gravé sur bois par Roy d'après de Chirico. Ce bulletin de souscription avait été inséré dans le dernier numéro (juillet-août 1914) des Soirées de Paris. Apollinaire s'engageant en août 1914, l'ouvrage ne vit pas le jour, et le projet n'aboutit que profondément remanié en 1918 : ce fut Calligrammes. Provenance : Succession Guillaume et Jacqueline Apollinaire.
Mes ordres d'achat
Informations sur la vente
Conditions de vente
Retourner au catalogue