Deux enluminures provenant d'un même laudaire ou antiphonair - Lot 59

Lot n° 59
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Deux enluminures provenant d'un même laudaire ou antiphonair - Lot 59
Deux enluminures provenant d'un même laudaire ou antiphonaire sur vélin polychromé et doré représentant quatre épisodes de la Vita Sancti Pauli Primi Eremitae (Vie de saint Paul le Premier Ermite), sur deux registres : La Rencontre avec saint Paul, Saint Paul agenouillé en prière dans sa grotte, la Mort de saint Paul, les deux lions fossoyeurs creusant la tombe du saint Ermite. L'anachorète est accompagné sur chaque scène de saint Antoine figuré ici inhabituellement, tonsuré et imberbe, revêtu d'une robe de bure brune. Au revers, portées et texte fragmentaire en italien médiéval à l'encre noire reprenant une partie du cantique italien Alta Trinita Beata: Trinita [glori]osa. uni/tade ma[raviglio]sa. tuse[i] manna [saporos]atuttor [desiderosa] (Trinité glorieuse, unité merveilleuse, Tu es la manne savoureuse et pleinement désirée.) Italie, Florence, attribuées au Maître des effigies dominicaines (actif vers 1328-1350), deuxième quart du XIVe siècle H. 14,4 et 14,5 cm - L. 6,8 et 7 cm Dans des cadres en bois sculpté et doré, XVIIe siècle Ancienne inscription au dos St antoine et saint Paule Ermite miniature du XVe siècle sur parchemin travail portugais n°294 et 295 (très légers manques à la polychromie) Selon la légende, saint Antoine, croyant être le premier ermite, se mit à la recherche de l'anachorète. Il lui rendit ainsi visite et l'accompagna jusqu'à son enterrement. Sur les retables ou les fresques, les deux saints ermites sont habituellement représentés ensemble, tous les deux barbus et s'appuyant chacun sur un tau. La particularité de ces enluminures, hormis leurs coloris et leur beauté pittoresque formelle, réside dans ce saint Antoine, simple moine à la tête nimbée. Il s'agit peut-être d'un hommage de la part du peintre au commanditaire du laudaire, abbé, frère ou prieur d'une abbaye. Cette particularité éclaire l'inscription datant du XIXe siècle qui se trouve au dos de l'une des enluminures témoignant de la confusion entre le saint Antoine Abbé et le saint portugais Antoine de Padoue. Le premier né en 251 et mort en 356 était bien contemporain de saint Paul Ermite ou Paul de Thèbes (229/342), tandis que saint Antoine de Lisbonne ou de Padoue, toujours représenté en moine imberbe et tonsuré, est né bien après, à la fin du XIIe siècle et fut canonisé en 1232. Les laudaires sont des recueils de chants religieux en langue vulgaire, utilisés par les confréries italiennes entre le XIIIe et le XVe siècle. Destinés à la prière collective, ils témoignent d'une piété populaire inspirée par l'esprit franciscain. Le plus ancien connu, le Laudaire de Cortone datant de la seconde moitié du XIIIe siècle, conserve une des premières versions du chant Alta Trinità Beata qui était une louange à la Sainte Trinité. Le Maître des Effigies Dominicaines fut l'un des plus importants enlumineurs de la génération suivant Pacino di Bonaguida, avec lequel il collabora régulièrement. Il tire son nom d'un célèbre panneau représentant le Christ et la Vierge en majesté entourés de saints et bienheureux dominicains, conservé dans l'église Santa Maria Novella de Florence. Comme beaucoup de peintres florentins de son temps, il travailla sur différents matériaux, panneau, fresque et vélin. Parmi ses œuvres les plus remarquables figurent les miniatures du Biadaiolo (Biblioteca Laurenziana, Florence, cod. Tempiano 3) — chronique illustrée d'événements florentins du XIVe siècle — et celles du Traité des Vertus et des Vices (Cité du Vatican, Biblioteca Apostolica Vaticana, Cod. Barb. Lat. 3984). Ses œuvres se distinguent par une exécution minutieuse et un goût prononcé pour le détail narratif, caractéristiques de la peinture florentine de cette époque.
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