Bas-relief en pierre calcaire de type tuffeau sculptée en fo - Lot 85

Lot n° 85
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Estimation :
5500 - 7000 EUR
Bas-relief en pierre calcaire de type tuffeau sculptée en fo - Lot 85
Bas-relief en pierre calcaire de type tuffeau sculptée en fort relief représentant Hercule étouffant les serpents. Dans une composition dynamique, l'enfant nu chevauche un dragon dont il saisit la langue de sa main droite tout en tenant un dragon plus petit de l'autre, son bras gauche tendu derrière lui Haut-Poitou, première Renaissance, probablement château de Bonnivet (Vandeuvre-du-Poitou, Vienne), vers 1515/25 H. 57 cm - L. 85 cm - P. 12,5 cm (érosions et manques notamment en bordure) Provenance : - Château, région de Loudun (Vienne) - Ancienne collection Dr Jacques Soullard, Paris, resté dans sa descendance (Hercule enfant - symbolisant le Destin - terrasse la Chimère de l'Adversité et lui arrache sa malice) La légende d'Hercule a été une grande source d'inspiration pour les artistes du courant humaniste au XVIe siècle. Si les douze Travaux ont été abondamment interprétés, celle de la naissance du héros et de son premier exploit sont plus rares. L'iconographie du jeune Hercule étouffant les serpents envoyés par Junon pour le dévorer a été cependant illustrée assez tôt dans les Pays-Bas méridionaux comme on peut le voir sur des tapisseries réalisées vers 1490 conservées aux Musées royaux d'art et d'histoire de Bruxelles et au Rijksmuseum d'Amsterdam (fig. a et b). Un ouvrage paru dans le dernier tiers du XVe siècle tel le Recueil des histoires de Troie de Le Fève ou certains textes grecs - comme celui de Diodore redécouverts à cette époque - ont pu servir de sources d'inspirations aux liciers flamands. Ce bas-relief en pierre calcaire où les serpents sont figurés également en dragons, iconographie éloignée des représentations antiques mais en accord avec l'imaginaire médiéval, est ainsi à placer assez tôt dans le XVIe siècle. Sa provenance, selon la tradition familiale, d'une demeure située dans le Loudunais, non loin du très important et novateur château que fit construire l'Amiral de Bonnivet, Guillaume II Gouffier (vers 1481- mort à Pavie an 1525) invite à faire des rapprochements avec les éléments sculptés qui nous sont parvenus. Il ne reste en effet que des vestiges de ce monument, qualifié encore sous Louis XIV comme "le plus beau château du Poitou", dont le démantèlement commencé à partir de la Révolution dura plusieurs dizaines d'années. De nombreux morceaux d'architecture ont été ainsi récupérés par le musée Sainte-Croix de Poitiers qui montrent une diversité de facture témoignant de l'intervention de plusieurs ciseaux dans le décor de Bonnivet. L'historien de l'art Jean Guillaume reconnaît deux styles, l'un d'un maître "gothique", au modelé brutal qui aime les têtes expressives et les scènes amusantes et l'autre, d'un ou de deux maîtres italianisants, qui préfère les têtes "antiques" et utilise le nouveau répertoire ornemental. L'Hercule enfant semble se rattacher à la manière du premier maître qui a visiblement affectionné la représentation de monstres tels que l'on peut en voir des exemples sur les écoinçons qui ornaient l'escalier du château poitevin (inv. 14218, 14216, 14219, 14224, fig. c, d, e, et f). Ouvrages consultés : - J. Guillaume, Le château de Bonnivet, Paris, 2006. - S. Laruelle, Le thème d'Hercule dans l'art de la tapisserie, Université de Liège, PDF, 2019.
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