MARIE VICTOIRE DE LA VILLIROUËT (1767-1813) "PREMIÈRE AVOCAT - Lot 9

Lot 9
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MARIE VICTOIRE DE LA VILLIROUËT (1767-1813) "PREMIÈRE AVOCAT - Lot 9
MARIE VICTOIRE DE LA VILLIROUËT (1767-1813) "PREMIÈRE AVOCATE DE FRANCE" Dossier contenant les documents de la comtesse de La Villirouët pour la défense de son mari, émigré durant la révolution, soit la première plaidoirie feminine de l'histoire. Provenance : - Transmis par l'auteur à son fils Charlemagne Mouësan de La Villirouët (1789-1874), avec les archives familiales - Puis par ce dernier à son fils Paul Mouësan de La Villirouët (1829-1919) - Puis par ce dernier à son neveu Xavier de Bellevue (1854-1929) - Puis par ce dernier à sa nièce Anne-Marie Libault de La Chevasnerie 1896-1989, née Mouësan de La Villirouët (1861-1944) - Puis par cette dernière à sa fille Marie-Therèse de La Guerrande (1896-1989), née Libault de La Chevasnerie - Puis, par descendance et acquisition - Collection d'une descendante de cette dernière Bibliographie : - Xavier de Bellevüe, Une femme avocat. Épisode de la Révolution à Lamballe et à Paris. Mémoires de la Comtesse de La Villirouët née de Lambilly (1767-1813). Paris, Lamulle et Poisson, 1902 - G. Lenôtre, Vieilles Maisons, Vieux Papiers, Paris Révolutionnaire, Paris, Perrin & Cie, 1911 Les archives de cette plaidoirie historique se composent des pièces suivantes : - Marie-Victoire de Lambilly, comtesse de La Villirouët (1767-1813),considérée comme première femme de France avocat, pour avoir plaidé et triomphé devant un tribunal militaire. Manuscrit contenant la première plaidoirie prononcée par une femme dans un tribunal. Il est intitulé : «Defense du citoyen Jean Baptiste Mathurin Marie Mouësan Villirouët prononcée par sa femme Marie Victoire de Lambilly devant le tribunal de la commission militaire de la 17e division séante au Châtelet à Paris le 3 germinal an 7 samedi 23 mars (v.s.) 1799». 15 pp. in-folio, brochées en un cahier. Papier vergé bleuté. Émouvant manuscrit avec taches d'encres, passages soulignés ou biffés et ratures, ayant servi de support à sa plaidoirie orale. On y sent ainsi, à travers ses remaniements et ses soulignements le ton qui fit de sa plaidoirie un grand succès, avec toute la véhémence d'un orateur aguerri. Notons par exemple, à la page 9 de la plaidoirie, le commentaire «ici une petite pause», indication de rythme, presque théâtral. «Citoyens juges, [...] Peut-être sera-t-on surpris de voir une femme plaider elle-même la cause de son mari! Il est vrai que j'ai sollicité cet avantage comme une faveur et que la timidité ordinaire à mon sexe a cédé au sentiment qui m'anime et me remplit. Je n'ai vu que le danger de mon mari, et quelle est l'âme que sa situation peut électriser autant que la mienne! Quelle sensibilité peut égaler celle que j'éprouve? [...] Je ne me dissimule point que les apparences reposent sur trois points [...] triple chef d'accusation qui semblent dériver de la loy du 19 fructidor. Son inscription à la liste des Émigrés toute fausse et inexacte qu'elle est, sa non obéissance a la loy précitée et le nom supposé qu'il a adopté. Tels sont les griefs que la loy lui oppose et que je vais discuter successivement». Suit une magistrale et longue démonstration, date, lieux et faits à l'appui, mesurée et poignante. Elle se termine par ces mots: «Déciderez vous enfin, que les formes doivent l'emporter sur le fond? Oh non, Citoyens juges, et je crois voir déjà vos consciences effrayées par la crainte de faire une fausse application de la loy ; vous êtes pères, époux, il n'est aucun de vous qui ne soient sensibles à la voix de la Nature; vous ne voudrez point que, sans aucun avantage pour la patrie, le meilleur des ménages soit désuni ; que le plus doux des liens soit rompu ; que des enfants restent orphelins ; vous êtes justes, vous ne voudrez point immoler une victime ; vous connaissez les droits du malheur, droits aussi sacrés que celui de la vertu même, et puisque vous m'avez permis de le défendre, mon mari, ne peut être sacrifié». - Une copie contemporaine manuscrite de la plaidoirie, cahier broché par un ruban de soie verte, [1] f. vierge, 19 pp. in-folio. Passages soulignés et ajouts. - Une copie manuscrite (légèrement postérieure) in-folio sous cartonnage de papier marbré de l'époque. Environ 16 pp. suivies d'une intéressante copie du jugement rendu par le tribunal de la Commission militaire (3 pp. repliées). - Un long et passionnant manuscrit intitulé «Relation succincte de l'arrestation et du jugement de Mr Mouesan de La Villirouët adressée à ses enfants, par leur mère Marie Victoire de Lambilly». Environ 124 pp. in-4, brochées. Déchirures et taches aux derniers feuillets. Il contient la relation précise de tous ces évènements, de la genèse au procès, que Marie-Victoire elle-même raconte à ses enfants. Les pages 115 à 124 ont pour titre ''Portrait de Zulmé'' (23 mai 1799) : il s'agit d'un texte littéraire de Marie-Victoire de Lambilly, dans lequel elle se dépeint elle-même sous le nom de Zulm
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