rare Veste de chasseur de caribou - Lot 12

Lot 12
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30000 - 50000 EUR
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rare Veste de chasseur de caribou - Lot 12
rare Veste de chasseur de caribou Naskapi, régions Nord-Est de l'Amérique du Nord. Peau de caribou, pigments traditionnels et d'importation, fils traditionnels en tendons et de coton. XIXe/XXe siècle H. 105 cm - L. 164 cm (environ) Provenance : - Collection privée, France Bibliographie: - «A Naskapi Indian Robe.»Museum Bulletin.University of Pennsylvania Museum of Archaeology and Anthropology, Philadelphia II, no. 3 1931. - Burnham, Dorothy: To Please the Caribou - Skin Coats Worn by the Naskapi, Montagnais, and Cree Hunters of the Quebec-Labrador Peninsula. Royal Ontario Museum, Toronto, 1992. - Catherine Girard, “Innu Painted Caribou-Skin Coats, and Other Tales of Elusiveness,”Journal18, Issue 7Animals(Spring 2019) - Eva Fognell:Art of the American Indians - The Thaw Collection. The Fenimore Art Museum, 2010 - Janet C. Berlo and Ruth B. Philips: Native North American Art, Oxford University Press, 1998 - JCH King: Thunderbird and Lighting, British Museum Publications, 1982 - Speck (Frank G.). Naskapi. The savage hunters of the Labrador peninsula. Norman, University of Oklahoma Press, 1935 Les Naskapi, peuple subarctique du groupe linguistique algonquin du nord-est du Québec et du Labrador, étaient de redoutables chasseurs de caribou. La culture de cette chasse obéit à certaines règles, dont celle de porter la peau même de l'animal que l'on chasse. Ces vestes, prenant d'abord la forme de la parka sans ouverture frontale vont évoluer au contact des premiers Européens à partir du XVIIIe siècle pour arriver à une forme hybride de manteau/redingote - résultat de la rencontre entre les deux cultures et qui va devenir une forme adoptée et classique des Naskapi à partir de la fin du XVIIIe siècle. La coupe, à l'effigie des vestes européennes portées par les membres des expéditions et des premiers colons français de la région du Nord-Est de l'Amérique du Nord, offre une silhouette d'élégance. Cintrée à la taille et avec une large jupe évasée, la veste est ornée d'un grand col arrière à franges découpées et de grandes manchettes doublées et rappelle le «riding coat» anglais ou la redingote française. Ces vestes de chasse sont créées et portées par les chasseurs pour honorer l'esprit du caribou. Elles n'étaient portées que pendant une seule saison de chasse soit été soit hiver, car les Naskapi pensaient que le manteau perdait son pouvoir d'appelant et protecteur avec le temps. Le manteau est fabriqué avec du «buckskin», un cuir de caribou tanné à «l'américaine» ce qui transforme la peau de couleur crémeuse en la rendant très souple, lisse et mate à l'extérieur et légèrement feutrée à l'intérieur. Pour certains peuples subarctiques, le traitement rituel et artistique approprié d'une peau garantissait la conservation de certaines capacités de l'animal. Avant l'arrivée des Européens, les pigments utilisés par les Naskapi étaient fabriqués à partir de plantes et de dépôts naturels d'ocre rouge et jaune en utilisant souvent un liant fait d'œufs de poisson qui a la particularité de jaunir avec le temps. À la suite de l'arrivée des Européens, les pigments d'importation sont incorporés dans la palette traditionnelle. Les motifs géométriques et représentationnels qui ornent le manteau sont le résultat d'une étroite collaboration entre hommes et femmes. L'homme-chasseur rêvait de motifs représentant peut-être des bois de caribou (les grandes courbes) et des arbres qui vont lui assurer sa réussite à la chasse et la femme-artiste conçoit et colore les motifs sur la base des indications rêvées de l'homme. Le style pictural distinctif utilisé par le Naskapi durant la période des premiers contacts présente des bandes sensorielles de lignes parallèles et les motifs gracieux en rouleaux bilatéralement symétriques que l'anthropologue Frank Speck (1935) appelait «doubles courbes». Les femmes-artistes utilisaient des outils en os et en andouiller de cerf, dont certains comportaient plusieurs têtes permettant à l'artiste de produire des ensembles de lignes parallèles espacées uniformément. Speck rapporte la croyance des chasseurs Naskapi selon laquelle «les animaux préfèrent être tués par des chasseurs dont les vêtements sont décorés de motifs» et que la décoration devait plaire aussi à «l'âme-esprit» intérieur du chasseur lui-même. La peinture minutieuse par une femme Naskapi d'un manteau en peau de caribou de chasseur était ainsi un geste rituel de respect envers les esprits des animaux et contribuait à assurer leur coopération lors de la chasse, la bête se mettant plus directement devant le chasseur. La jupe ajustée et évasée des manteaux est distinctive. Dorothy Burnham confirme la théorie selon laquelle cette coupe aurait été influencée par des cadeaux de vêtements français faits aux peuples autochtones au début de la période de contact. (Burnham 1992). Son analyse révèle aussi la signific
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