Un masque portrait Ndoma - Lot 12

Lot 12
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Estimation :
30000 - 40000 EUR
Un masque portrait Ndoma - Lot 12
Un masque portrait Ndoma Culture Baoulé, Côte d'Ivoire Bois à superbe patine d'usage, cuir, clous de traite H. 23 cm Provenance: - Collection Cazeau, Paris Le peuple baoulé est le seul du groupe akan à avoir largement adopté l'usage du masque au contact de ses voisins Sénoufo et Gouro lors de sa migration vers le centre de la Côte d'Ivoire au XVIIIe siècle après avoir fui l'actuel Ghana. Du Goli et du zoomorphe Bonu amwin, lendoma appartient à une forme de représentation rare dans le monde des masques en Afrique de l'Ouest où l'accessoire évoque généralement un personnage imaginaire, idéal de beauté humaine, animal totem - comme le Goli et le Bonu amwin du panthéon Baoulé - ou créature aussi inquiétante qu'indéfinissable. Le terme ndoma se traduit par double, celui de l'être cher que ce portrait incarne et auquel sculpteur et commanditaire ont voulu rendre hommage. Bien que la personne arborant cet attribut lors de joyeuses mascarades duMblosoit traditionnellement un homme, aucun indice ne permet de déterminer le genre du modèle célébré, toutefois souvent féminin. Susan Vogel avait rencontré dans les années 1970 une villageoise âgée et son Ndoma sculpté en 1913, dans le village de Kami, localité identifiée comme « le village des masques» au début du XXe siècle. S'il est également difficile de situer précisément cette sculpture dans l'espace tant sont rares les informations de collecte ancienne - ou même plus récente - concernant le vaste territoire baoulé, du moins est-il peut-être possible de le faire dansle temps : la patine profonde, les signes d'usage prolongé révélés par l'intérieur du masque témoignent de son ancienneté. Par ailleurs, la configuration très rare et particulière du visage inscrit dans un quart de cercle plutôt que dans le traditionnel ovale arrondi du style, renvoie à deux autres exemplaires collectés avant la seconde guerre mondiale, ceux de l'éditeur Paul Geuthner et de Léonce et Pierre Guerre - exposé à Arles en 1954. La tresse disposée en bandeau au sommet d'un front très volumineux, la présence de clous de tapissier à des endroits bien précis de la face ou la bouche d'une forme particulière sont d'autres éléments communs à ces trois œuvres dont on peut supposer qu'ils proviennent d'un même atelier. Malgré ses spécificités, notre masque remplit les critères de beauté qu'exigele ndoma et s'inscrit parfaitement dans le «réalisme magique» de la sculpture baoulé. Bertrand Goy
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