Atelier de Jacques-Louis DAVID (Paris 1748 - 1825 Bruxelles) - Lot 162

Lot 162
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Estimation :
15000 - 20000 EUR
Atelier de Jacques-Louis DAVID (Paris 1748 - 1825 Bruxelles) - Lot 162
Atelier de Jacques-Louis DAVID (Paris 1748 - 1825 Bruxelles) Bélisaire demandant l'aumône Huile sur toile (rentoilage) 161 x 161 cm (Restaurations, usures) Provenance : - Anciennement dans la collection du “Museo Imperial 1808”, Madrid Œuvres en rapport : - Jacques-Louis David (1748-1825), Bélisaire demandant l'aumône (modello ou ricordo), huile sur toile, c. 1781, 58 x 59 cm., Montauban, Musée Ingres Bourdelle, inv. MI.885.11.10. (Fig. 1) - Jacques-Louis David (1748-1825), Bélisaire demandant l'aumône, 1781, huile sur toile, 288 cm. x 312 cm. (anciennement 322 x 322 cm.) Paris, Musée du Louvre, inv. P436. “Le tableau marque une date capitale, non seulement dans l'art de David, mais dans l'histoire de la peinture européenne : c'est peut-être le premier véritable tableau néo-classique” Antoine Schapper, “David”, 1989 “Tous les jours, je le vois et crois toujours le voir pour la première fois” Diderot au sujet du tableau, “Salon de 1781” Notre “Bélisaire” est, à ce jour, la seule copie connue ayant été très vraisemblablement réalisée au sein même de l'atelier de David, avant que ce dernier n'en modifie les dimensions en rognant sur la marge supérieure pour en faciliter sa vente au Prince-Électeur de Trèves, vers 1785. Lors du Salon de 1781, David présente un spectaculaire “Bélisaire demandant l'aumône”, tableau de format carré, mesurant dix pieds (soit environ 324 x 324 cm., dont le cadrage exact nous est connu par une esquisse peinte (possible modello), conservée à Montauban (58 x 59 cm. Musée Ingres-Bourdelle, inv. MI.885.11.10). Dans cette esquisse sont bien visibles les branches de l'arbre présent dans la trouée paysagère, près des colonnes. En 1785, dépité que son tableau ne soit pas acquis par le roi, David contracte finalement avec le prince-archevêque Clément Wenceslas de Saxe, afin que le Bélisaire s'intègre au décor de la salle du trône. Le peintre « regretta seulement d'être forcé d'en couper un morceau sur la hauteur, afin de l'approprier au local dans lequel l'électeur se proposait de le faire placer», rapporte alors le collectionneur danois Bruun-Neergaard, en 1801. Notre “Bélisaire” présente la particularité d'être conforme au cadrage visible dans l'esquisse de Montauban, ce qui nous convainc d'y voir une copie réalisée au sein même de l'atelier, avant que son format ne soit tronqué. Dès cette époque, David avait des élèves, à qui il confiait parfois de réaliser « une copie, qui serait faite sous ses yeux et qui serait corrigée par lui » (L. Gonse et J.J. Guiffrey, 1874-1875, p. 391). Parmi ses premiers élèves, on trouvait Ph.A. Hennequin, J.F. Garneray (1755-1837), qui aurait participé à l'exécution du portrait de Leroy (1783), J.B. Wicar (1762-1834), avec qui David noua une amitié durable. En 1782 ou en 1783, ce fut le tour de J.G. Drouais, qui devint l'élève le plus proche, le plus aimé, le plus tôt disparu (1788), bientôt celui des frères ennemis, Fabre et Girodet, qui peignirent pour l'essentiel les répétitions avec variantes du Bélisaire (1784) et des Horaces (1786). On sait également que Marie-Guillemine Benoist avait accès à l'atelier, puisqu'elle s'est représentée en train de réaliser une copie du “Bélisaire et l'enfant à mi-corps”, lequel tableau est préparatoire au “grand” Bélisaire de 1781 (Karlsruhe, Staatliche Kunsthalle, inv. 3029). En outre, on trouve, dans la vente du collectionneur parisien “Vaugelar” (ou “de Bauclad”), le 13 avril 1818 (Lugt N°9343), une “Copie du Bélisaire de M. David, peinte sous ses yeux.” par Jean-Baptiste Wicar, laquelle fut proposée pour 100 francs. Pourrait-il s'agir de notre version ? Ses dimensions en hauteur, de 58 pouces anciens (soit 157 cm.), correspondent à quelques centimètres près au nôtre, bien qu‘étrangement ses dimensions de largeur s'en éloignent.
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