Rare Christ de la Flagellation en cristal de roche taillé en - Lot 61

Lot 61
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Rare Christ de la Flagellation en cristal de roche taillé en - Lot 61
Rare Christ de la Flagellation en cristal de roche taillé en ronde-bosse. Debout, les jambes écartées très légèrement fléchies, il tient ses mains liées derrière son dos; corps puissant, les hanches entourées d'un pagne noué sur un côté; terrasse rectangulaire. Milan, atelier des Saracchi, vers 1580 H. 18,3 cm Monté sur un socle en placage d'écaille, ébène et bois noirci à ressauts et partie supérieure en doucine du XVIIe siècle (cassures restaurées à l'or et petits accidents au socle) Provenance: - Collection Julius Hummel, Vienne - Collection Edric van Vredenburgh, Londres - Collection François Antonovich (1934-2023), Paris - Présenté à la TEFAF Maastricht 2022, stand Royal Provenance, Paris Rares sont les statuettes de Christ de la Flagellation ou à la colonne réalisées en pierre dure. Seules deux semblent pouvoir être mises en relation, une en agate translucide attribuée à Giovianni Antonio Dosio (1533-1610) visible au Musée du Trésor de San Lorenzo à Florence (inv. 139, fig.a) et celle plus célèbre en jaspe sanguin des collections de Louis XIV (inv. MR 153, fig.b). Ce dernier petit Christ, haut de 13 cm, et celui en cristal de roche sont visiblement d'un modèle très comparable avec leurs jambes bien implantées au sol, leur tête inclinée sur la poitrine vers l'épaule gauche et surtout le drapé du linge ceignant les hanches au froissé semblable. Les factures sont cependant bien différentes, celui du Louvre, donné comme italien, longtemps situé au milieu du XVIIe et à présent daté des années 1600 dans la notice muséale, est l'œuvre d'un lapidaire confirmé. Son visage d'une grande noblesse est empreint du style florentin diffusé par Jean de Bologne tout en annonçant le classicisme (fig.c). Très différents sont les traits du visage du Christ de la collection Antonovitch, avec sa physionomie moins idéalisée, les pommettes saillantes, la petite bouche serrée et la barbiche pointue. Les proportions plus ramassées de la silhouette comme l'anatomie du torse moins adoucie inclinent à placer cette version plus tôt, encore dans le XVIe siècle. Ces derniers caractères permettent d'associer ce Christ de la Flagellation à d'autres représentations du Sauveur taillées dans le cristal de roche. Ainsi deux crucifix rattachés à l'atelier milanais des Saracchi, l'un conservé au Kunsthistorisches Museum de Vienne, vers 1585 (inv. E 43, fig. d), l'autre de la fin du XVIesiècle appartenant à une collection privée, présenté lors de l'exposition "Joyaux Renaissance" de la galerie Kugel en 2000 (fig. e), montrent une facture très approchante: menton quasiment appuyé sur le haut de la poitrine, jambes trapues et périzonium au plissé identique avec une diagonale barrant le bassin. La notice du Christ à la colonne en jaspe sanguin des collections royales indique Milan comme lieu de réalisation. On peut évoquer l'hypothèse que son auteur, excellent lapidaire, ait trouvé dans le Christ en cristal sa source d'inspiration, affinant la silhouette, anoblissant le visage, accentuant le léger contrapposto, tout en conservant le talon du pied gauche décollé du sol. La famille Saracchi était à la tête d'un important atelier de lapidaires à Milan, réputé notamment dans la taille du cristal de roche, qui répondait aux commandes des grandes cours européennes. Son activité commença au début des années 1570, sous la direction de Giovanni Ambrogio et ses frères, et perdura jusque dans les premières années du XVIIe siècle. Bibliographie: - F. Antonovich, L'art à la cour de Rodolphe II, Empereur du Saint Empire, Romain Germanique : Prague et son rayonnement, Paris,1992, cat.206. - Exposition León 2014, Giambologna : Des Flandres de Charles Quint à la Florence des Médicis et à la Prague de Rodolphe, Musée de l'Institut biblique et oriental, cat F. Antonovitch, p. 666-667. Ouvrages consultés: - A. Kugel, Joyaux Renaissance, Paris, 2000, cat. 25. - Exposition Paris 2001, Les Gemmes de Louis XIV, musée du Louvre, cat. 262, p. 502 à 504. - D. Alcouffe, Les Gemmes de la Couronne, Musée du Louvre, Paris, 2001, cat. 262, p. 502-504. - D. Alcouffe, La collection des gemmes de Louis XIV, Paris, RMN, 2001, p. 40-41. - R. Distelberger, Die Kunst des Steinschnitts, Vienne, 2002, cat. 114, p. 200-201. - S. Castelluccio, Les collections royales d'objets d'art de François Ier à la Révolution, Paris, 2002, p. 39, 46, 56, 216, ill. 64. - S. Castelluccio, "Du Garde-Meuble de la Couronne au Muséum national d'histoire naturelle" dansVersalia. Revue de la Société des Amis de Versailles, n°20, 2017. p. 97-116. - P.-Y. Lacour, "La place des choses. Collections spécialisées, objets ambivoques et partage des savoir. Paris, 1789-1804" dans Dix-huitième siècle, 2024, 56(1), 299-320.
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