Deux plaques en poirier finement sculpté en fort relief, ave - Lot 71

Lot 71
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Estimation :
6000 - 10000 EUR
Deux plaques en poirier finement sculpté en fort relief, ave - Lot 71
Deux plaques en poirier finement sculpté en fort relief, avec certains personnages se détachant du fond, représentant, pour l'une, la Décollation de saint Jean-Baptiste, pour l'autre le Martyre de sainte Catherine d'Alexandrie. La Décollation de saint Jean-Baptiste: au premier plan, le corps décapité du saint est renversé au sol tandis que Salomé, entourée de trois femmes et d'un homme, reçoit la tête du Précurseur des mains du bourreau sur un plateau qu'elle s'apprête à rapporter à sa mère Hérodiade; à l'arrière-plan sur la gauche, le Festin d'Hérode: sous un dais, accompagné de deux convives masculins, le roi est attablé contemplant sa belle-fille Salomé dansant devant lui; fond à décor d'architectures avec arcatures, balustrade, escalier et maisons. Le Martyre de sainte Catherine d'Alexandrie: au premier plan, la sainte agenouillée s'apprête à recevoir le coup de grâce d'un bourreau de dos, une hache dans sa main droite; autour d'eux, nombreux soldats à cheval ou à pied, certains vêtus d'une armure à l'antique, d'autres orientaux coiffés d'un turban ; à l'arrière-plan, les roues de son supplice brisées miraculeusement par la foudre devant ses bourreaux. Autriche, attribuées à Ignaz Elhafen (Innsbruck, 1658, Düsseldorf, 1715), vers 1680/1690 H. 8,3 cm et 9 cm - L. 14,3 cm et 14,9 cm - Ép. 2,2 cm et 2,3 cm Ancienne étiquette au dos de la plaque de la Décollation et inscriptions au crayon en chiffres romains. Dans des socles à suspendre peints en noir (une tête d'un soldat manquante, légers accidents) Provenance: - Vente Londres Sotheby's, 22 avril 1993, lot 110 (la seconde scène étant interprétée comme le Sacrifice de la fille de Jephté) - Vente Paris Christie's, 24 novembre 2020, The Collector : Le Goût Français, lot 52 Ignaz Elhafen travailla successivement à Innsbruck, en Italie, à Vienne, puis à Düsseldorf au service de l'électeur palatin Johann Wilhelm II à partir de 1703-1704. Spécialisé dans la sculpture en relief, il empruntait ses compositions à des gravures, notamment dans les ouvrages illustrés par Matthaüs Mérian (icones bibliae, 1625/27), mais aussi à Pierre de Cortone, Tempesta ou Charles Lebrun ; plus tard, il s'inspirera également de motifs picturaux trouvés dans des œuvres de Rubens, Titien ou Jordaens auxquelles il avait accès dans la collection de l'Electeur à Düsseldorf. Pour les deux sujets interprétés ici, celui de la Décollation de saint Jean-Baptiste s'inspire d'une gravure que l'on trouve reprise plus tardivement dans la Bible éditée par Gérard Jollain en 1703 (fig.a), celui du Martyre de sainte Catherine est tiré quant à lui d'un dessin de Federico Zuccari (1540/41 - 1609) (fig.b) dont on connaît une interprétation gravée d'Aliprando Caprioli (1574-1600). Le style de ces deux plaquettes appartient encore au XVIIe siècle par la retenue de la gestuelle des personnages comme celle des drapés qui ne sont animés par aucun souffle baroque. Elles peuvent être rapprochées de celles à thème biblique que le jeune Elhafen réalisa en 1685 en bois de cèdre à la demande de l'abbaye bénédictine autrichienne de Kremsmünster, l'une illustrant Le roi Adoni-Bezek se faisant couper les pouces et les orteils (fig.c). Une autre scène de martyre, celui de saint Paul d'après une gravure de Martin de Vos, passée dans une vente Sotheby's de 1990, vient également étoffer ce groupe des plaquettes en bois sculpté à la même période. On sait en effet qu'au début de sa carrière, Elhafen travailla le bois avant que l'ivoire prenne une place prépondérante à partir de son séjour à Vienne vers la fin des années 1690. Ces deux plaquettes semblent donc appartenir à l'époque d'activité précédente du sculpteur, à placer après sa période romaine que l'on situe entre 1673 et 1675, de là sa familiarité avec les détails puisés dans l'Antiquité comme le montrent ces reliefs dans les architectures et les costumes des soldats. Ouvrage consulté: - Exposition Francfort-sur-le-Main 2011, Elfenbein Barocke pracht am Wiener Hof, p. 183-187.
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