D'après Leonello Spada (Bologne, 1576 - Parme, 1622), 1662-1 - Lot 72

Lot 72
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Estimation :
3000 - 4000 EUR
D'après Leonello Spada (Bologne, 1576 - Parme, 1622), 1662-1 - Lot 72
D'après Leonello Spada (Bologne, 1576 - Parme, 1622), 1662-1682 Le Concert Huile sur toile 130 cm x 151,5 cm Sur sa toile, son châssis et son cadre d'origine (accidents, quelques restaurations anciennes) Provenance: - Famille bourguignonne depuis au moins une cinquantaine d'années. Leonello Spada est l'un des représentants les plus fidèles du caravagisme en Italie du Nord. Formé à Bologne dans l'entourage des Carrache, il se convertit au style du Caravage après l'avoir fréquenté directement à Malte vers 1608, au point d'être surnommé par ses contemporains la scimmia del Caravaggio (« le singe du Caravage »). De retour en Émilie, il met son interprétation personnelle du clair-obscur au service de grandes commandes religieuses pour les églises de Bologne, Modène et Parme, où il s'établit définitivement sous la protection des Farnèse et meurt à quarante-six ans. Musicien lui-même, il porta un intérêt naturel aux sujets musicaux, dont Le Concert, conservé au musée du Louvre, en montre l'incarnation la plus célèbre (inv. 681 ; MR 490, fig.). Ce tableau aurait été peint par Spada vers 1615 pour le cardinal Ludovico Ludovisi, neveu du pape Grégoire XV, en s'inspirant des Musiciens du Caravage (vers 1595, Metropolitan Museum of Art, New York, inv. 52.81). Il fut ensuite acquis après 1633 auprès du prince Ludovisi, neveu du cardinal, par le sieur de Nogent, qui l'apporta en France. Celui-ci le revendit alors à Everhard Jabach, banquier, directeur de la Compagnie des Indes orientales et grand collectionneur, qui le céda lui-même à Louis XIV en 1662. On sait que l'œuvre orna la chambre du Roi à Versailles en 1695, puis son grand appartement en 1709-1710, avant de compter parmi les premières œuvres exposées au Muséum central des Arts dès 1793. Le Concert du Louvre a fait l'objet de plusieurs copies, les plus anciennes réalisées dès le XVIIe siècle. Plusieurs sont passées en vente sur le marché de l'art dont deux il y a une quarantaine d'années: une chez Sotheby's à Monte-Carlo, le 29 novembre 1986, lot 410, attribuée à l'entourage de Spada et une autre chez Christie's à Rome, le 22 mars 1988, lot 216, signée Dominique Plessard et datée de 1693. Une autre version, attribuée peut-être abusivement à Spada lui-même, est conservée au Palais des Grands-Ducs de Lituanie à Vilnius (inv. VR-32)avec un flûtiste ajouté ultérieurement sur le côté droit. Toutes ces copies ne donnent cependant pas une version de l'œuvre originale telle qu'elle était au moment de son entrée dans les collections du roi en 1662. Le tableau de Spada avait en effet fait l'objet d'un agrandissement pour être présenté en 1682 dans le Salon de Mercure à Versailles. Des bandes de toile furent ainsi ajoutées sur les quatre côtés (14,5 cm en haut, 14 cm en bas, 10,5 cm sur les côtés), entraînant plusieurs reprises picturales: complétion du fond et de la partie basse avec la nappe, de la manche du musicien de gauche et de la main de celui de droite jouant de la lira da braccio, ancêtre du violon, ainsi que de la chitarra battente, sorte de guitare, qui repose au premier plan sur la table des musiciens. Cette intervention s'explique par goût classicisant de la fin du XVIIe siècle qui privilégiait les compositions aérées et les figures entières. Il existe bien une copie au Musée d'Art Moderne André Malraux du Havre déposée par le Louvre (inv. 682 et 233), dont les dimensions de 130 cm x 178 cm sont approchantes à la toile inédite proposée ici. Sa notice situe son époque d'exécution avant 1683, plaçant cette peinture avant l'agrandissement du tableau de Louis XIV, cependant que la main du violoniste de droite est complète ainsi que l'est la guitare du premier plan. Cette copie d'une composition plus resserrée - restée dans la même famille durant plusieurs générations et qui possède les qualités rares d'avoir conservé sa toile, son châssis et son cadre d'origine - semble être ainsi une des plus anciennes versions connue et constituer un précieux témoignage de cette scène de musiciens telle que voulue par Spada. Ouvrages consultés: - A. Félibien, Tableaux du Cabinet du roy. Statues et bustes antiques des maisons royales, Tome I, Paris, 1677, p. 9. - A. Félibien, Entretiens sur les vies et sur les ouvrages des plus excellens peintres anciens et modernes, 4e partie, Paris, 1685, p. 186. - L. Serra, Domenico Zampieri : detto il Domenichino, Rome, 1909, p. 63 - A. Brejon de Lavergnée, L'Inventaire Le Brun de 1683: la collection des tableaux de Louis XIV, Paris, 1987, p. 129-130. - S. Castelluccio, « Esthétique et politique : La présentation des tableaux des collections royales dans le Grand Appartement à Versailles de Louis XIV à la Révolution », dans Versalia, n°21, 2018, p. 44-45. - Cat. expo., Seicento : le siècle de Caravage dans les collections françaises, Paris, galeries nationales du Grand Palais, 11 octobre 1988 - 2 janvier 1989; Mil
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