Rare cabinet en bois (peuplier?) gainé de cuir doré au petit - Lot 74

Lot 74
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Estimation :
80000 - 100000 EUR
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Résultat : 89 700EUR
Rare cabinet en bois (peuplier?) gainé de cuir doré au petit - Lot 74
Rare cabinet en bois (peuplier?) gainé de cuir doré au petit fer avec plaquettes en argent repoussé. Il ouvre à deux vantaux découvrant huit tiroirs et une petite porte centrale; façades des tiroirs à décor de plaques en argent repoussé figurant des allégories allongées et des putti dans des médaillons ainsi que des rinceaux feuillagés, à bustes de chimère et animés de putti, disposés symétriquement de part et d'autre d'un mufle de lion surmonté d'une coquille; petits anneaux mobiles en forme de dauphins accostant un mascaron; vantail illustrant l'allégorie des Arts avec deux femmes vêtues à l'antique; dessus, corniche, faces latérales, vantaux recto verso, encadrements des tiroirs et base richement moulurée entièrement couverts de motifs feuillagés et fleuris, organisés en losanges en façade et sur les côtés, en frises continues sur les montants et la corniche; revers des battants orné chacun d'une plaquette en argent armoriée, celle de gauche aux armes des Cavaletti [d'azur] au pégase [d'argent] issant de flammes [d'or] mouvant du flanc senestre en pointe, au chef d'Anjou, celle de droite aux armes de la famille Citterio [d'azur] au château crénelé [de gueules] surmonté de trois étoiles [d'or] en chef, au chef d'Empire (fig.a et b). Italie du Nord, Venise, seconde moitié du XVIIe siècle H. 53 cm - L. 62 cm - P. 30 cm - L. volets ouverts 86,5 cm (quelques accidents, restaurations et usures) Provenance: - Ancienne collection Walter et Lucie Rosen, New York - Galerie Blumka, New York, dans les années 1960 - Collection privée, Paris L'activité des ateliers vénitiens qu'elle soit dans le domaine des cuirs dits "laqués" ou ceux dorés au petit fer est connue depuis le XVe siècle, les artisans du cuir de la Sérénissime ayant même formé une guilde particulière. Dans le domaine du fer doré, les relieurs créèrent des caractères typographiques, inspirés de l'écriture cursive, comme des fleurons sous la forme de petites feuilles laissant une empreinte en creux dans le cuir destinés à recevoir l'or. D'abord fortement orientale, cette ornementation va se diversifier au fil des années et se complexifier en une grande diversité de motifs et un agencement géométrique très varié qui contribuèrent à la réputation des reliures vénitiennes dans toute l'Europe à la Renaissance. Le cabinet présenté ici est tout à fait extraordinaire par son ornementation d'une richesse sans pareille. Ainsi une multitude de fers ont été utilisés pour garnir toutes les surfaces de ce petit meuble sur lequel seuls quelques centimètres carrés dans le cartouche ovale du dessus du meuble ont été laissés vierges. Le relieur a croisé, juxtaposé et superposé les lignes géométriques surchargeant au maximum le décor. À cette richesse ornementale répondent les plaques en argent repoussé au décor lui-même très fourni avec ses nombreux personnages, rinceaux et masques de lion; seule la plaque de la petite porte centrale, dont l'origine gravée n'a pas été retrouvée, est d'une composition un peu aérée attirant ainsi davantage le regard. Les armoiries présentes sur la face intérieure des vantaux épousent elles-mêmes toute la surface laissée libre du cartouche ovale dans lequel elles s'inscrivent. Elles ont été identifiées comme appartenant à une famille d'origine romaine pour l'une, milanaise pour l'autre, sans que l'on ait pu établir une alliance entre les deux. On sait seulement que la famille romaine Cavaletti occupa à plusieurs reprises des charges dans les conservatoires de Rome entre 1638 et 1818 et que la famille Citterio est quant à elle originaire d'Alexandrie et s'établit à Milan à la fin du XVIe siècle. Très fragile, le mobilier entièrement gainé de cuir doré au petit fer datant des XVIe et XVIIe siècles a pratiquement disparu. Dans les collections publiques, seul un cabinet français et son piétement recouverts de maroquin rouge, donnés vers 1620, est visible au musée national de la Renaissance à Écouen (inv. E.Cl.7722). On peut citer un autre cabinet de belle qualité passé dans le marché de l'art parisien il y a plusieurs années et un autre inédit, conservé dans une collection privée, ayant appartenu à l'historiographe François Roger de Gaignières en 1711.
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