TIBET - XIXe siècle - Lot 186

Lot n° 186
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Estimation :
20000 - 30000 EUR
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TIBET - XIXe siècle - Lot 186
TIBET - XIXe siècle Plaque d'un ensemble de 'Quatre Miroirs' (me long bzhi) en acier et cuivre argenté et doré, la bordure décorée au repoussé d'une frise de nuées et de flammes s'entremêlant avec des motifs auspicieux offrande des cinq sens et trois joyaux (dkon mchog gsum) et avec incrustations de turquoises et quatre cabochons de turquoise et corail en forme de fleurettes. Le centre orné en appliqué de la syllabe (bija) hrih en tibétain. D. 26,5 cm. Socle Provenance : - Spink & Son Ltd., Londres, 1999 - Christie's, New York, 25 mars 2004, lot 78 - Collection Ian Triay Expositions : - Monasterios y lamas del Tibet, Fundación "La Caixa", Madrid, Nov. 2000 - Jan. 2001 - Rituels tibétains : Visions secrètes du Ve Dalaï Lama, Paris, MNAAG-Guimet, Nov. 2002 - Fev. 2003 Références : - D. Ashecaen, G. Leonov, Visions of Perfect Worlds: Buddhist Art from the Himalayas, Spink & Son Ltd., Londres, 1999, p. 77, no. 45 - R. Thurman, D. Weldon, Sacred Symbols - The Ritual Art of Tibet, Sotheby's et Rossi & Rossi, New York, 1999, p. 101, no. 45 - R. Prats, et.al., Monasterios y lamas del Tibet, Madrid, Fundación "La Caixa", 2000, p. 110, no. 35 - N. Bazin, Rituels tibétains : Visions secrètes du Ve Dalaï Lama, Paris, MNAAG-Guimet, 2002, p. 172, cat. No. 149 - Himalayan Art Ressources, item No. 205021 Les miroirs d'oracle (me long) occupent une place importante dans les pratiques divinatoires du bouddhisme tibétain. Utilisés lors des transes de possession, ils accompagnent les oracles investis par des divinités protectrices et participent à la médiation entre le monde humain et le monde surnaturel. Ce remarquable miroir témoigne d'un travail d'orfèvrerie raffiné. Son pourtour en cuivre doré représente une muraille de flammes et est enrichi de cabochons de corail et de turquoise. La partie supérieure est ornée d'un joyau exauçant les souhaits, accompagné de trois petites turquoises pouvant évoquer les Trois Joyaux du bouddhisme. À la base, trois têtes humaines soutiennent un crâne contenant un cœur, des entrailles et des yeux. Cette offrande sanglante appartient à l'iconographie des divinités protectrices (chökyong). La surface réfléchissante du miroir porte au centre la syllabe sacrée Hri, notamment associée à Pehar et à son émanation Dorje Dragden, liée au monastère de Nechung, près de Lhassa, et devint progressivement, à partir du XVIIe siècle, une importante divinité protectrice des Dalaï-Lama. Lors de ces cérémonies, le miroir était placé sur la poitrine de l'oracle, qui en frappait la surface de manière rythmée à l'aide d'un anneau porté au pouce. Au-delà de sa fonction rituelle, le miroir constitue donc un objet fortement symbolique : sa surface réfléchissante, ses motifs protecteurs et la présence de la syllabe sacrée participent à l'établissement d'un lien entre l'oracle et la divinité.
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